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	<title>Critique &#8211; Angela Metzger Orgel</title>
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	<description>Page Web Officielle</description>
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		<title>organ – Journal für die Orgel 1/2026</title>
		<link>https://angela-metzger.org/fr/critique/organ-journal-fur-die-orgel-1-2026-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[L T]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Apr 2026 08:00:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critique]]></category>
		<category><![CDATA[COUNTERLIGHT]]></category>
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					<description><![CDATA[Le thème de la lumière dans un album d’orgue peut, à première vue, sembler trivial ; ici, il n’en est rien—d’autant plus qu’il s’agit d’une lumière très particulière, une lumière à contre-jour, qui pose déjà aux artistes plasticiens des défis considérables.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h4 style="text-align: center;">Critique de Burkhard Schäfer pourorgan – Journal für die Orgel 1/2026</h4>
<p style="text-align: center;"><em>Traduction automatique avec ChatGPT à partir de l&rsquo;allemand</em></p>
<p>Le thème de la lumière dans un album d’orgue peut, à première vue, sembler trivial ; ici, il n’en est rien—d’autant plus qu’il s’agit d’une lumière très particulière, une lumière à contre-jour, qui pose déjà aux artistes plasticiens des défis considérables. Dans Choral Visions of Light and Darkness, Angela Metzger ne recourt ni au procédé du clair-obscur (emprunté à la peinture), ni ne suit le chemin rebattu du « per aspera ad astra » ou de « ex tenebris in lucem ».</p>
<p>Metzger place littéralement au centre de son programme le Psalm Prelude No. 3, « Though I Walk Through the Valley of the Shadow of Death » (Set 1, op. 32) de Herbert Howells, autour duquel elle organise les six autres œuvres selon une symétrie réfléchie : Max Reger (ouverture et conclusion), Philipp Maintz (né en 1977, ses deux compositions occupant les deuxième et sixième positions) et Louis Vierne (troisième et cinquième plages).</p>
<p>Toutes ces œuvres abordent la question de la lumière avec une grande subtilité. Ni le choral XIX de Maintz, « Wie schön leuchtet uns der Morgenstern », ni la Fantaisie op. 40 n° 1 de Reger sur ce même choral n’éblouissent par une virtuosité ostentatoire. Il en va de même pour le Dankpsalm op. 145 n° 2 de Reger ainsi que pour le choral III de Maintz, « Die Nacht ist vorgedrungen ». La seule œuvre à rayonner d’un éclat pleinement affirmé est l’Hymne au soleil op. 53 n° 3 de Vierne ; ses Feux follets op. 53 n° 4 se déploient de manière bien plus insaisissable sur les claviers et le pédalier.</p>
<p>L’agencement du programme et sa dramaturgie sont conçus avec intelligence et présentent une remarquable cohérence interne, conférant au psaume de Howells un poids particulier. Metzger façonne cette œuvre, comme l’ensemble du programme, avec une maîtrise sereine, une registration richement nuancée et des tempi parfaitement mesurés. On est surtout frappé par la manière dont elle exploite à son avantage l’acoustique et la longue réverbération de l’immense basilique de Constantin.</p>
<p>Elle parvient à laisser se déployer toutes les pièces—y compris l’hymne de Vierne aux accents de toccata, mais surtout les textures denses de Reger—de façon organique, comme un organisme vivant qui respire. Rien ne paraît précipité, tendu ou négligé. Metzger est une véritable architecte du son, ce qu’elle avait déjà démontré de manière impressionnante dans son précédent album consacré aux œuvres pour orgue de Betsy Jolas (NEOS, critique dans organ 4/2025).</p>
<p>Autres belles découvertes : les deux chorals de Philipp Maintz, originaire d’Aix-la-Chapelle, proposés ici en création mondiale. Le livret précise que, depuis 2017, Maintz travaille—dans l’esprit de l’Orgelbüchlein de Bach—à un cycle de chorals, d’abord destiné à l’usage liturgique, puis également au concert. Il s’agit de préludes méditatifs, très retenus mais finement colorés, dans lesquels les mélodies chorales, bien que souvent fragmentées, demeurent toujours perceptibles et qui mériteraient une place de choix dans The Orgelbüchlein Project (www.orgelbuechlein.co.uk).</p>
<p>En « collaboration » avec l’orgue Eule à disposition symphonique de la basilique de Constantin à Trèves (87 jeux) et l’acoustique imposante de cette ancienne aula palatine romaine, Angela Metzger livre un album pleinement convaincant, tant sur le plan interprétatif que conceptuel.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="id-Article-content-item id-Article-content-item-paragraph "><em>Burkhard Schäfer</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="/wp-content/uploads/2026/03/organ_1_2026_Rez_Counterlight.pdf">organ – Journal für die Orgel 1/2026</a> © Schott Music, Mainz 2026</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Klassik Heute</title>
		<link>https://angela-metzger.org/fr/critique/klassik-heute-3/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[L T]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Feb 2026 21:11:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critique]]></category>
		<category><![CDATA[COUNTERLIGHT]]></category>
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					<description><![CDATA[L’ombre et la lumière sont indissociables. « Là où il y a beaucoup de lumière, l’ombre est profonde », fait dire Goethe à son Götz von Berlichingen – même si l’auteur est plus souvent cité pour une phrase bien moins philosophique.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h4 style="text-align: center;">Critique de Guido Krawinkel pour Klassik Heute</h4>
<p style="text-align: center;"><em>Traduction automatique avec ChatGPT à partir de l&rsquo;allemand</em></p>
<p><strong>Qualité artistique:</strong> 10/10<br />
<strong>Qualité sonore:</strong> 10/10<br />
<strong>Impression générale:</strong> 10/10</p>
<p style="text-align: left;">L’ombre et la lumière sont indissociables. « Là où il y a beaucoup de lumière, l’ombre est profonde », fait dire Goethe à son Götz von Berlichingen – même si l’auteur est plus souvent cité pour une phrase bien moins philosophique. Goethe, qui a également élaboré une théorie des couleurs peu concevable sans la notion de lumière, avait sans doute raison. Cette citation ne s’applique pourtant guère à l’enregistrement d’Angela Metzger. Intitulé de manière évocatrice Counterlight, l’album brille avant tout par une chose : la lumière. Les ombres y sont pratiquement absentes. À la rigueur, on pourrait considérer comme telle l’acoustique extrêmement généreuse de la basilique Constantin de Trèves, où le CD a été enregistré, tant cet espace constitue un véritable défi pour toute prise de son. Les dimensions monumentales du lieu et la réverbération qui en résulte sont impressionnantes. Néanmoins, celles-ci ont été captées avec beaucoup de finesse : l’espace et son acoustique font partie intégrante de toute orgue. Certaines sections paraissent peut-être un peu plus indirectes que ce à quoi l’on est habitué, mais dans l’ensemble, le compromis entre acoustique et instrument est pleinement réussi. Et ce n’est là qu’un des nombreux atouts de cet enregistrement.</p>
<h3>Une dramaturgie de programme soigneusement élaborée</h3>
<p>Angela Metzger a conçu un programme à la fois cohérent et passionnant, organisé selon une stricte symétrie. Encadré par le Dankpsalm de Max Reger et sa fantaisie chorale Wie schön leucht’ uns der Morgenstern, il réunit des préludes de choral de Philipp Maintz, deux pièces tirées des Pièces de Fantaisie de Louis Vierne (Hymne au soleil et Feux follets), ainsi que, au centre, le Psalm Prelude de Herbert Howells sur Und ob ich schon wanderte im finstern Tal. La dramaturgie du programme – trop souvent négligée aussi bien en concert que sur disque – apparaît ici limpide et se voit encore magnifiée par les interprétations, brillantes à tous égards, de Metzger. L’organiste munichoise, qui enseigne l’orgue à la Haute École de musique d’église de Bayreuth, s’est imposée ces dernières années comme une interprète particulièrement engagée en faveur de la musique contemporaine et de programmes finement pensés. Sa réputation la précède – et cet enregistrement la confirme pleinement.</p>
<h3>Une subtilité savamment travaillée</h3>
<p>Angela Metzger exploite les ressources du grand orgue Eule de la basilique Constantin avec une remarquable maîtrise conceptuelle. Dans Reger, par exemple, elle en déploie toute l’étendue dynamique, jusque dans ses extrêmes. La manière dont le 32’ profond et fondamental vient, à la fin du Dankpsalm, se glisser doucement mais avec autorité sous le triple forte est tout simplement grandiose. Les trois registres les plus graves de cet instrument sont un véritable bonheur pour les amateurs de 32’, offrant une palette allant du pianissimo le plus délicat au tutti le plus massif.</p>
<p>Les préludes de choral de Philipp Maintz séduisent par une sonorité raffinée, que Metzger restitue avec une subtilité et un sens du détail tout aussi élaborés. Ce sont précisément des œuvres que l’on aime réécouter. Pour le romantisme français et anglais à la manière de Vierne et Howells, cet orgue propose une palette de couleurs presque inépuisable, dont l’organiste use avec une souveraine assurance. Ses interprétations dégagent en outre une grande sérénité intérieure : les tempi sont justes, le sens du timing irréprochable, et tout est ajusté à la synthèse de l’espace, de l’instrument et de l’œuvre. Nous avons affaire ici à une musicienne qui ne met jamais sa virtuosité au premier plan, mais la met entièrement au service de la musique. Le résultat convainc du premier au dernier accord.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="id-Article-content-item id-Article-content-item-paragraph "><em>Guido Krawinkel</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.klassik-heute.de/4daction/www_medien_einzeln?id=25341">Klassik Heute</a>, 24 janvier 2026</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La musique d’orgue de Betsy Jolas</title>
		<link>https://angela-metzger.org/fr/critique/la-musique-dorgue-de-betsy-jolas/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[L T]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 13 Nov 2025 21:13:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critique]]></category>
		<category><![CDATA[Betsy Jolas]]></category>
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					<description><![CDATA[Loin des poncifs attachés à l'instrument, la musique pour orgue de Betsy Jolas sonne avec la même richesse d'invention qui gouverne toute sa production, ...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h4 style="text-align: center;">La musique d’orgue de Betsy Jolas</h4>
<p>Loin des poncifs attachés à l&rsquo;instrument, la musique pour orgue de Betsy Jolas sonne avec la même richesse d&rsquo;invention qui gouverne toute sa production, explorant les potentialités de l&rsquo;instrument soliste (Angela Metzger) ou confronté à un orchestre de chambre (le SWR de Cologne).</p>
<p>Betsy Jolas aime l&rsquo;orgue, un instrument qu&rsquo;elle a étudié à Princeton lors de sa formation états-unienne. Intégrale ou presque – il manque Musique d&rsquo;autres jours pour violoncelle et orgue (2020) – les quatre œuvres de l&rsquo;enregistrement, à travers leur titre notamment, témoignent d&rsquo;une pensée musicale nourrie par l&rsquo;expérience quotidienne de la vie : Leçons du Petit Jour (2007) est un hommage rendu par la compositrice à son maître Messiaen, avec chants d&rsquo;oiseaux et bruits de nature stylisés, des figures libres qui s&rsquo;inscrivent sur la toile sonore silencieuse et qui s&rsquo;effacent aussitôt. Jolas nous met à l&rsquo;écoute de ce qui advient, sélectionnant ses couleurs et jouant parfois avec les bruits de la mécanique : trouvailles sonores et arabesques aux lignes félines sont autant de phénomènes sonores inspirés par cet instant privilégié de la journée.</p>
<p>Musique de jour débute par un sol, une note importante dans sa vie, confie-t-elle, qui amorce bon nombre de ses œuvres pour clavier : son droit, comme l&rsquo;« ison » varésien, autour duquel se construit l&rsquo;espace polyphonique, donnant naissance, au mitan de la pièce, à un « fugato » savant à quatre voix !</p>
<p>Dans Musique d&rsquo;Hiver (1971), pour orgue et orchestre de chambre, la pièce la plus étonnante de cet enregistrement, l&rsquo;instrument de la Klaus von Bismarck Saal de Cologne devient un générateur de sons et la partition, sans barres ni indications de mesures, se fait le réceptacle de tous les possibles. Le rôle de la percussion, l&rsquo;espace éclaté et le surgissement des blocs-accords évoquent là encore Varèse. Pas de violons mais dix altos et six contrebasses dans un orchestre qui inclut le piano et la harpe. L&rsquo;orgue apporte ses couleurs à une écriture virtuose et constellatoire qui balance entre transparence (relais de timbres) et densité de la trame sonore nourrie par le plein-jeu de l&rsquo;orgue et les démonstrations bruyantes de la percussion. S&rsquo;exprime avec une certaine jubilation et un humour en filigrane (solo jazzy de contrebasse) cet idéal, chez Jolas, d&rsquo;une musique vivante et libre que servent avec brio Angela Metzger et Titus Engel à la tête du SWR de Cologne.</p>
<p>Les Trois Études Campanaires, prévues à l&rsquo;origine pour le carillon de Saint-Germain l&rsquo;Auxerrois, sont jouées sur un orgue d&rsquo;église, celui de l&rsquo;église St Antonius à Düsseldorf-Oberkassel dont les jeux de percussions (célesta, marimba et carillon) s&rsquo;avèrent tout à fait opportuns : libre polyrythmie superposant célesta, marimba et carillon dans la première et la dernière, charme de la ligne errante du seul célesta dans la deuxième. La musique est minimale, écrite pour la beauté du timbre, réaffirmant le goût de la compositrice pour les sonorités rares et les alliages inédits.</p>
<p class="id-Article-content-item id-Article-content-item-paragraph "><em>Michèle Tosi</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="https://www.resmusica.com/2025/11/02/la-musique-dorgue-de-betsy-jolas-works-for-organ-neos/">ResMusica</a>, 2 novembre 2025</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La douce radiance de Betsy Jolas : œuvres pour orgue et orchestre</title>
		<link>https://angela-metzger.org/fr/critique/la-douce-radiance-de-betsy-jolas-oeuvres-pour-orgue-et-orchestre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[L T]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Oct 2025 20:09:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critique]]></category>
		<category><![CDATA[Betsy Jolas]]></category>
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					<description><![CDATA[À l’approche de son centenaire, Betsy Jolas continue de rayonner par une œuvre singulière. L’organiste allemande Angela Metzger lui consacre aujourd’hui un album entier, ...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h4 style="text-align: center;">La douce radiance de Betsy Jolas : œuvres pour orgue et orchestre</h4>
<p>À l’approche de son centenaire, Betsy Jolas continue de rayonner par une œuvre singulière. L’organiste allemande Angela Metzger lui consacre aujourd’hui un album entier, Works for Organ and Orchestra, où l’orgue se fait non pas instrument grandiloquent mais lanterne intime, révélant une écriture insaisissable et subtile.</p>
<p>Formée à la Hochschule für Musik und Theater de Munich auprès d’Edgar Krapp et Bernhard Haas, Angela Metzger a obtenu ses diplômes avec distinction avant d’élargir son horizon musical au hautbois, étudié au Landeskonservatorium d’Innsbruck avec Konrad Zeller. Lauréate de prestigieux concours internationaux, de Bad Homburg à Tokyo, en passant par Wiesbaden, Wuppertal et le concours ARD de Munich, elle s’est vu décerner des prix tels que le Bayernwerk-Kulturpreis et le Bayerischer Kunstförderpreis.</p>
<p>Sa carrière la conduit aujourd’hui sur les grandes scènes internationales, en récital comme avec des orchestres tels que le WDR Sinfonieorchester Köln, le Helsinki Philharmonic ou les Augsburger Philharmoniker, jouant sur des instruments qui vont des orgues historiques aux créations les plus contemporaines.</p>
<p>Angela Metzger s’est hissée au premier rang des organistes internationaux grâce à une technique éblouissante, à des formats de transmission et de performance résolument modernes, et à une curiosité insatiable pour le répertoire, notamment contemporain. Sa musicalité désarmante et sa précision rythmique ont récemment été saluées à Milano Musica 2025, où la critique la qualifiait d’« extraordinaire : époustouflante dans la netteté comme dans l’articulation, admirable de décontraction, et d’une pureté sonore impressionnante ».</p>
<p>C’est dans cet esprit d’exploration qu’elle consacre aujourd’hui un album entier aux œuvres pour orgue et orchestre de Betsy Jolas. Cette nouveauté discographique paraît à point nommé pour le 99e anniversaire de la compositrice (5 août 2025), « doyenne de la sophistication franco-américaine », dont le langage singulier échappe à toutes les écoles et cercles stylistiques.</p>
<p>Née en 1926 à Paris, Betsy Jolas est reconnue pour sa voix singulière dans la musique contemporaine, alliant lyrisme et techniques modernistes. Après avoir étudié aux États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale, la compositrice franco-américaine est revenue en France pour se former à la composition au Conservatoire de Paris, où elle deviendra plus tard professeur. Son œuvre, qui embrasse les répertoires orchestral, de musique de chambre, vocale et lyrique, est célébrée pour son intensité expressive, sa clarté formelle et son rapport profond au langage et à la poésie.</p>
<p>La musique de Jolas échappe souvent à la compréhension immédiate, comme l’illustre l’enregistrement Works for Organ and Orchestra par Angela Metzger. Écouter son écriture pour orgue, c’est entrer dans un paysage où le temps ne marche pas, mais dérive, comme la brume qui se déploie et se replie sur les champs d’hiver : Musique d’Hiver, Musique de Jour, Leçons du Petit Jour et les Trois Études Campanaires. Ensemble, elles forment un cycle qui tient moins du monument que de l’apparition fugace, de l’instant suspendu plutôt que de l’affirmation.</p>
<p>Nul doute que l’art de Jolas est irréprochable. Son langage harmonique, subtil, ne se contente ni d’une consonance facile ni d’une dissonance mécanique. Chaque accord ressemble à une pierre polie, posée avec soin en relation avec les autres, dans une sorte de cairn fragile. Ses structures sont délicates, poreuses. Les écouter, c’est comme voir la lumière filtrer à travers de minces voilages.</p>
<p>Mais cette délicatesse est aussi son risque. Pour des oreilles avides de drame, de contrastes, de gestes saisissants, la musique de Jolas peut sembler réservée, voire fuyante. Là où Kurtág brûle d’une intimité comprimée, là où Feldman nous enveloppe dans un océan de temps suspendu, Jolas se situe dans un entre-deux. Plus agitée que Feldman, moins tourmentée que Kurtág, plus ambiguë que Messiaen. Elle refuse le climax, évite la résolution, se dérobe au récit. Sa musique est celle des ellipses plutôt que des points d’exclamation.</p>
<p>C’est pourtant là que réside son originalité. Bien qu’elle connaisse intimement Bach et Monteverdi, ses œuvres ne sont pas des compositions traditionnelles où l’auditeur est guidé par la main, mais plutôt des pièces qui créent les conditions d’une expérience d’écoute. Dans le concerto pour orgue Musique d’Hiver, l’absence de barres de mesure, les repères temporels comme des bouées, la dérive calculée – tout cela nous invite à abandonner l’attente et à écouter comme on lirait une page de Virginia Woolf : suivre le flux, capter l’éclat d’une phrase, d’un souvenir, d’un fragment mélodique qui surgit et disparaît.</p>
<p>L’orgue, trop souvent associé à la grandiloquence, devient ici une lanterne philosophique. Dans Musique de Jour, il scrute le jour note après note, d’un simple sol vers un contrepoint qui se déploie comme la lumière emplissant lentement une pièce. Dans Leçons du Petit Jour, les chants d’oiseaux éclatent comme des haïkus tracés dans l’air, tandis que les Trois Études Campanaires résonnent comme des cloches spectrales, Debussy aperçu à travers le givre.</p>
<p>La récompense de l’écoute de Works for Organ and Orchestra n’est pas la catharsis, mais l’attention même. Si Feldman est le Rothko du son, Jolas pourrait en être le Bonnard : intime, elliptique, doucement rayonnante. Au lieu de chercher le drame, il faut écouter comme on contemple le jeu discret de la lumière sur l’eau. Plutôt que de désirer l’intensité, accueillir la subtilité : la façon dont une note peut porter le poids du silence qui l’entoure, ou dont une ligne fragile devient une utopie partagée entre orgue et orchestre.<br />
La musique de ce disque présente l’écriture pour orgue de Jolas dans toute sa retenue et son raffinement. L’organiste Angela Metzger et le WDR Sinfonieorchester, sous la direction de Titus Engel, en sont des défenseurs impeccables.</p>
<p class="id-Article-content-item id-Article-content-item-paragraph "><em>Wouter de Moor</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="https://classicagenda.fr/la-douce-radiance-de-betsy-jolas-oeuvres-pour-orgue-et-orchestre/">classicagenda.fr</a>, 24 septembre 2025</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Organists‘ Review</title>
		<link>https://angela-metzger.org/fr/critique/organists-review-3/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[L T]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Jan 2023 11:33:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critique]]></category>
		<category><![CDATA[Circuli]]></category>
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					<description><![CDATA[Ce CD fait dialoguer le répertoire des XVIIe et XVIIIe siècles avec des œuvres contemporaines dans un programme stimulant. L'instrument est un orgue de ...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h4 style="text-align: center;"><span id="page8R_mcid308" class="markedContent"></span><strong>« Organists‘ Review » (UK), 12/2022</strong></h4>
<p>Ce CD fait dialoguer le répertoire des XVIIe et XVIIIe siècles avec des œuvres contemporaines dans un programme stimulant. L&rsquo;instrument est un orgue de 41 jeux construit par la firme néerlandaise Reil en 2009 selon les modèles baroques nord-allemands. Il est bien adapté aux pièces de Buxtehude, Bach et Scheidt, qui sont toutes interprétées de manière engageante. Les enregistrements sont toujours clairs ; le pleno est excitant mais jamais envahissant. L&rsquo;articulation de Metzger est très nette, en particulier dans le Buxtehude et le BWV 564, ce qui donne à certaines de ces pièces un aspect dansant.</p>
<p>Les trois œuvres contemporaines sont toutes liées d&rsquo;une manière ou d&rsquo;une autre aux traditions de la musique d&rsquo;orgue des XVIIe et XVIIIe siècles. Le morceau-titre de Danksagmüller (né en 1969) joue avec les possibilités créatives de l&rsquo;action du tracker pour créer un monde sonore à la fois mystique et industriel. Les jeux ne sont tirées que partiellement et à différents degrés tout au long de la pièce, créant des résonances inattendues et jouant avec les attentes en matière de timbre. Inspirée du Jardin des délices terrestres de Hieronymous Bosch, la pièce comporte un matériau mélodique assez minimal qui se combine bien avec les timbres inattendus pour créer une composition fantaisiste et intrigante. La Toccata de Foccroulle s&rsquo;inspire à la fois du style libre et des pratiques de composition chorale de l&rsquo;époque baroque. Les versets de Glaus constituent une réponse très efficace à la Scheidt, pleine d&rsquo;explorations fragmentaires de la couleur, de la texture, du son et du silence. Angela Metzger communique ces pièces très contrastées avec verve ; sa précision rythmique et son articulation finement contrôlée donnent à ces pièces un réel sentiment d&rsquo;immédiateté et de vitalité.</p>
<p class="id-Article-content-item id-Article-content-item-paragraph "><em>Martin Clarke</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Organists’ Review, 12/2022, p.71</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>De Orgelvriend</title>
		<link>https://angela-metzger.org/fr/critique/de-orgelvriend-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[L T]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Jan 2023 11:21:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critique]]></category>
		<category><![CDATA[Circuli]]></category>
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					<description><![CDATA[Pour aller droit au but : ce CD de l'organiste allemande Angela Metzger est un succès à tous égards. Un programme sophistiqué dans lequel la musique ancienne et la musique ...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h4 style="text-align: center;"><span id="page8R_mcid308" class="markedContent"></span><strong>« De Orgelvriend » (NL), 1/2023</strong></h4>
<p>Pour aller droit au but : ce CD de l&rsquo;organiste allemande Angela Metzger est un succès à tous égards. Un programme sophistiqué dans lequel la musique ancienne et la musique nouvelle se touchent de toutes sortes de façons, sublimement interprété sur un orgue de qualité dans une salle à la sonorité agréable.<br />
En plus d&rsquo;un certain nombre de « classiques » de la musique ancienne, Angela Metzger a choisi trois compositions contemporaines qui, chacune à leur manière, font référence à des exemples du passé et qui conviennent parfaitement aux orgues anciens ou nouveaux construits selon des modèles historiques.</p>
<p>Franz Danksagmüller (*1969) &#8211; qui, comme Buxtehude, travaille à Lübeck &#8211; s&rsquo;est inspiré, pour le morceau titre Circuli, du triptyque Le Jardin des Délices de « notre » Jérôme Bosch (1450-1516). Sur le panneau de droite, Bosch a représenté ce que l&rsquo;on appelle « l&rsquo;enfer des musiciens », un endroit où les instruments de musique cassés ou déformés servent uniquement à torturer les oreilles. Danksagmüller donne à cette image surréaliste une forme technique solide en ne permettant pas de tirer complètement le bouton d&rsquo;arrêt. Parce que l&rsquo;organiste dispose d&rsquo;une certaine liberté en la matière, il devient une sorte de concepteur sonore.<br />
Le titre Circuli fait référence à la croyance de Bosch en la renaissance cyclique : une âme piégée dans la vie terrestre renaît autant de fois jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;elle soit pleinement libérée spirituellement.<br />
Le choix de Metzger de programmer ensuite le magistral Vater unser de Bach est une touche en or &#8211; il nous fait passer de l&rsquo;enfer au paradis.</p>
<p>Bernard Foccroulle (*1953) a écrit sa Toccata colorée en 2001 pour l&rsquo;inauguration de l&rsquo;orgue Freytag/Tricoteaux de Béthune, en France, un instrument basé sur le style baroque nord-allemand. L&rsquo;œuvre fait référence à Buxtehude et à son « stylus phantasticus », mais est écrite dans un langage tonal contemporain.<br />
La troisième pièce contemporaine est de Daniel Glaus (*1957). L&rsquo;organiste-compositeur suisse traduit lui-même le titre Toccatacet par « toucher dans le silence » ou « touché par le silence ». Les sept courts versets, qui datent de 1986, se composent donc en grande partie de moments de silence. Le joueur est libre de choisir son propre tempo, en fonction de l&rsquo;espace de jeu. Une musique captivante !</p>
<p>Angela Metzger se sent audiblement à l&rsquo;aise dans ce répertoire contemporain, mais elle joue également des œuvres de Buxtehude, Bach et Scheidt de manière très convaincante. Le nouvel orgue, basé sur des principes historiques, construit par Orgelmakerij Reil en 2009 pour la Stadtpfarrkirche St. Nikolaus à Rosenheim (Bavière), splendide dans toute son austérité, a tout pour la musique qui sonne sur ce CD.</p>
<p>Le livret lisible est illuminé par des créations de l&rsquo;artiste allemande Susanne Immer, y compris une explication de la relation entre ces œuvres d&rsquo;art et le programme musical.<br />
Une bande-annonce est disponible sur la chaîne YouTube d&rsquo;Angela Metzger, ainsi qu&rsquo;une vidéo dans laquelle l&rsquo;organiste explique cette sortie louable.</p>
<p class="id-Article-content-item id-Article-content-item-paragraph "><em>Joost van Beek</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="/wp-content/uploads/2023/01/Kritik-Circuli-de-Orgelvriend.jpg">« De Orgelvriend » (NL), 1/2023</a></p>
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		<title>Circuli</title>
		<link>https://angela-metzger.org/fr/critique/circuli-3/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[L T]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Nov 2022 17:09:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Critique]]></category>
		<category><![CDATA[Circuli]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans ce récital bien construit d'Angela Metzger, les idéaux musicaux sont intelligemment encerclés. L'exploration de la relation entre la musique, le temps et l'espace n'est ...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h4 style="text-align: center;"><span id="page8R_mcid308" class="markedContent"></span><span id="page8R_mcid310" class="markedContent"><span dir="ltr" role="presentation">Angela Metzger, orgue Reil (2009), église paroissiale de St Nikolaus, Rosenheim, Allemagne.<br />
Organum Classics Ogm 221030</span></span></h4>
<p>Dans ce récital bien construit d&rsquo;Angela Metzger, les idéaux musicaux sont intelligemment encerclés. L&rsquo;exploration de la relation entre la musique, le temps et l&rsquo;espace n&rsquo;est certainement jamais plus appropriée que dans le monde des orgues d&rsquo;église. L&rsquo;ancien et le nouveau sont réunis dans un orgue moderne hollandais construit selon des principes historiques et présentant des œuvres de Buxtehude, Bach et Scheidt aux côtés d&rsquo;œuvres contemporaines de Franz Danksagmüller, Bernard Foccroulle et Daniel Glaus. En utilisant des jeux partiellement tirés et des bruits d&rsquo;orgue percussifs, le morceau-titre minimaliste Circuli crée une représentation sinistre du célèbre tableau de Hieronymus Bosch, Le Jardin des délices terrestres. La maîtrise de Metzger de l&rsquo;orgue, du son et de l&rsquo;espace produit une symbiose exceptionnelle.</p>
<p class="id-Article-content-item id-Article-content-item-paragraph "><em>Rupert Gough<br />
</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="https://www.rhinegold.co.uk/choir_organ/circuli/">rhinegold.co.uk (original, en anglais)</a>, Choir &amp; Organ 2022/11</p>
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