organ – Journal für die Orgel 1/2026
Critique de Burkhard Schäfer pourorgan – Journal für die Orgel 1/2026
Traduction automatique avec ChatGPT à partir de l’allemand
Le thème de la lumière dans un album d’orgue peut, à première vue, sembler trivial ; ici, il n’en est rien—d’autant plus qu’il s’agit d’une lumière très particulière, une lumière à contre-jour, qui pose déjà aux artistes plasticiens des défis considérables. Dans Choral Visions of Light and Darkness, Angela Metzger ne recourt ni au procédé du clair-obscur (emprunté à la peinture), ni ne suit le chemin rebattu du « per aspera ad astra » ou de « ex tenebris in lucem ».
Metzger place littéralement au centre de son programme le Psalm Prelude No. 3, « Though I Walk Through the Valley of the Shadow of Death » (Set 1, op. 32) de Herbert Howells, autour duquel elle organise les six autres œuvres selon une symétrie réfléchie : Max Reger (ouverture et conclusion), Philipp Maintz (né en 1977, ses deux compositions occupant les deuxième et sixième positions) et Louis Vierne (troisième et cinquième plages).
Toutes ces œuvres abordent la question de la lumière avec une grande subtilité. Ni le choral XIX de Maintz, « Wie schön leuchtet uns der Morgenstern », ni la Fantaisie op. 40 n° 1 de Reger sur ce même choral n’éblouissent par une virtuosité ostentatoire. Il en va de même pour le Dankpsalm op. 145 n° 2 de Reger ainsi que pour le choral III de Maintz, « Die Nacht ist vorgedrungen ». La seule œuvre à rayonner d’un éclat pleinement affirmé est l’Hymne au soleil op. 53 n° 3 de Vierne ; ses Feux follets op. 53 n° 4 se déploient de manière bien plus insaisissable sur les claviers et le pédalier.
L’agencement du programme et sa dramaturgie sont conçus avec intelligence et présentent une remarquable cohérence interne, conférant au psaume de Howells un poids particulier. Metzger façonne cette œuvre, comme l’ensemble du programme, avec une maîtrise sereine, une registration richement nuancée et des tempi parfaitement mesurés. On est surtout frappé par la manière dont elle exploite à son avantage l’acoustique et la longue réverbération de l’immense basilique de Constantin.
Elle parvient à laisser se déployer toutes les pièces—y compris l’hymne de Vierne aux accents de toccata, mais surtout les textures denses de Reger—de façon organique, comme un organisme vivant qui respire. Rien ne paraît précipité, tendu ou négligé. Metzger est une véritable architecte du son, ce qu’elle avait déjà démontré de manière impressionnante dans son précédent album consacré aux œuvres pour orgue de Betsy Jolas (NEOS, critique dans organ 4/2025).
Autres belles découvertes : les deux chorals de Philipp Maintz, originaire d’Aix-la-Chapelle, proposés ici en création mondiale. Le livret précise que, depuis 2017, Maintz travaille—dans l’esprit de l’Orgelbüchlein de Bach—à un cycle de chorals, d’abord destiné à l’usage liturgique, puis également au concert. Il s’agit de préludes méditatifs, très retenus mais finement colorés, dans lesquels les mélodies chorales, bien que souvent fragmentées, demeurent toujours perceptibles et qui mériteraient une place de choix dans The Orgelbüchlein Project (www.orgelbuechlein.co.uk).
En « collaboration » avec l’orgue Eule à disposition symphonique de la basilique de Constantin à Trèves (87 jeux) et l’acoustique imposante de cette ancienne aula palatine romaine, Angela Metzger livre un album pleinement convaincant, tant sur le plan interprétatif que conceptuel.
Burkhard Schäfer
organ – Journal für die Orgel 1/2026 © Schott Music, Mainz 2026
