Klassik Heute
Critique de Guido Krawinkel pour Klassik Heute
Traduction automatique avec ChatGPT à partir de l’allemand
Qualité artistique: 10/10
Qualité sonore: 10/10
Impression générale: 10/10
L’ombre et la lumière sont indissociables. « Là où il y a beaucoup de lumière, l’ombre est profonde », fait dire Goethe à son Götz von Berlichingen – même si l’auteur est plus souvent cité pour une phrase bien moins philosophique. Goethe, qui a également élaboré une théorie des couleurs peu concevable sans la notion de lumière, avait sans doute raison. Cette citation ne s’applique pourtant guère à l’enregistrement d’Angela Metzger. Intitulé de manière évocatrice Counterlight, l’album brille avant tout par une chose : la lumière. Les ombres y sont pratiquement absentes. À la rigueur, on pourrait considérer comme telle l’acoustique extrêmement généreuse de la basilique Constantin de Trèves, où le CD a été enregistré, tant cet espace constitue un véritable défi pour toute prise de son. Les dimensions monumentales du lieu et la réverbération qui en résulte sont impressionnantes. Néanmoins, celles-ci ont été captées avec beaucoup de finesse : l’espace et son acoustique font partie intégrante de toute orgue. Certaines sections paraissent peut-être un peu plus indirectes que ce à quoi l’on est habitué, mais dans l’ensemble, le compromis entre acoustique et instrument est pleinement réussi. Et ce n’est là qu’un des nombreux atouts de cet enregistrement.
Une dramaturgie de programme soigneusement élaborée
Angela Metzger a conçu un programme à la fois cohérent et passionnant, organisé selon une stricte symétrie. Encadré par le Dankpsalm de Max Reger et sa fantaisie chorale Wie schön leucht’ uns der Morgenstern, il réunit des préludes de choral de Philipp Maintz, deux pièces tirées des Pièces de Fantaisie de Louis Vierne (Hymne au soleil et Feux follets), ainsi que, au centre, le Psalm Prelude de Herbert Howells sur Und ob ich schon wanderte im finstern Tal. La dramaturgie du programme – trop souvent négligée aussi bien en concert que sur disque – apparaît ici limpide et se voit encore magnifiée par les interprétations, brillantes à tous égards, de Metzger. L’organiste munichoise, qui enseigne l’orgue à la Haute École de musique d’église de Bayreuth, s’est imposée ces dernières années comme une interprète particulièrement engagée en faveur de la musique contemporaine et de programmes finement pensés. Sa réputation la précède – et cet enregistrement la confirme pleinement.
Une subtilité savamment travaillée
Angela Metzger exploite les ressources du grand orgue Eule de la basilique Constantin avec une remarquable maîtrise conceptuelle. Dans Reger, par exemple, elle en déploie toute l’étendue dynamique, jusque dans ses extrêmes. La manière dont le 32’ profond et fondamental vient, à la fin du Dankpsalm, se glisser doucement mais avec autorité sous le triple forte est tout simplement grandiose. Les trois registres les plus graves de cet instrument sont un véritable bonheur pour les amateurs de 32’, offrant une palette allant du pianissimo le plus délicat au tutti le plus massif.
Les préludes de choral de Philipp Maintz séduisent par une sonorité raffinée, que Metzger restitue avec une subtilité et un sens du détail tout aussi élaborés. Ce sont précisément des œuvres que l’on aime réécouter. Pour le romantisme français et anglais à la manière de Vierne et Howells, cet orgue propose une palette de couleurs presque inépuisable, dont l’organiste use avec une souveraine assurance. Ses interprétations dégagent en outre une grande sérénité intérieure : les tempi sont justes, le sens du timing irréprochable, et tout est ajusté à la synthèse de l’espace, de l’instrument et de l’œuvre. Nous avons affaire ici à une musicienne qui ne met jamais sa virtuosité au premier plan, mais la met entièrement au service de la musique. Le résultat convainc du premier au dernier accord.
Guido Krawinkel
Klassik Heute, 24 janvier 2026
